L’église Saint Séverin et ses Charniers

A l'occasion des journées du patrimoine, Madame Dominique nous a fait la faveur de nous guider au sein de la paroisse de Saint Séverin. Vous trouverez dans ce post ce que j'ai pu retenir de cette visite guidée, agrémentée de quelques recherches issues de mes vieux livres.

A l'origine de cette église, un oratoire fut construit sur la tombe d’un ermite appelé Séverin, mort en 555. Mais un autre Séverin (l’abbé d’Agaune en Velais qui couvrit Clovis de son manteau et le guérit) semble être celui qui est célébré dans cette paroisse. On pense qu’une église dont il ne reste rien existait déjà au XIe siècle. Le cimetière de cette paroisse fut crée en 1250 (il longeait l’un des flancs de l’église), la construction de la galerie des charniers sur les trois autres côtés date de la fin du moyen âge.


Du XIIIe siècle, il subsiste aujourd’hui quelques témoins visibles :
  • Les trois premières travées de la nef centrale : des colonnes cylindriques, avec des chapiteaux à larges feuilles d’eau.
  • Le premier niveau d’une Tour Clocher de Garde encastrée dans l’angle nord-ouest.
  • Le portail (entré principale à l’ouest) en provenance de l’église Saint-Pierre aux Bœufs (il fut déplacé et installé en 1837). Cependant le tympan (Vierge à l’enfant entourée d’ange) fut sculpté au XIXe et les vantaux de la porte datent du XVIIe.
L’histoire nous conte également la présence de recluses dans cette nécropole. On y cite une Dame Flore, décédée en 1380. C’est au XIVe siècle que l’église s’agrandit en largeur afin qu’elle devienne plus large que longue au XVe siècle.

En résumé, seul le premier tiers de l'église date du XIIIe siècle. Le reste de la nef, le double déambulatoire et l'abside remontent au XVe siècle, dont la présence de la célèbre colonne Torse.

Déambulatoire
Colonne Torse












De cette époque médiévale plus tardive, on peut aussi observer :
  • Des vitraux du XVe siècle, situés dans la partie la plus haute de la nef
  • Un puit du XVe siècle
  • Le reliquaire de Sainte Ursule : l’histoire de reliques de jeunes vierges massacrées au IVe siècle apparaît plus que douteuse. Émanant d’une légende du XIIe siècle, ces reliques connurent un immense succès dans la chrétienté du Moyen age, mais on ne sait point comment elles purent arriver jusqu’ici !
  • Les traces d’une fresque du jugement dernier de la fin du XVe siècle et mis au jour en 1968 : c’est le seul élément décoratif d’époque de l’édifice.

Vitraux
Reliquaire Sainte Ursule
Les charniers

Les charniers
Les Charniers visibles actuellement furent fort bien restaurés au Xxe siècle, mais leur origine date du XVe siècle. Ces derniers étaient ici réservés à une population aisée qui venait entreposer ses morts aux abords de l’église.

Cet endroit était également le témoin des premières expériences chirurgicales (l’école de médecine était alors en cours de construction de l’autre côté de la rue du petit pont). Une anecdote de l’époque nous illustre bien les faits

À l’époque, Louis XI souffrait de calculs rénaux (la maladie de la pierre) et il autorisa les barbiers chirurgiens à effectuer un essai d’opération sur un de ses archers condamné à être pendu pour vol. Si l’opération était un succès ce dernier avait la vie sauve. Ce qui fut le cas !

«  On remit les entrailles dedans le corps dudict franc-archer, qui fut recousu, très bien pansé, guéri en quinze jours, eut rémission de ses crimes  sans dépens, et lui fut mesme donné de l’argent »

Cette galerie faisant ici office d’amphithéâtre, on imagine sans peine les nombreux cobayes qui ont pu exister en ce lieu ! 

Pour terminer notre visite, je fus surprise de trouver une petite statue de Saint Séverin (datant du XIVe ou Xve siècle) négligemment abandonnée dans le petit parc près d'un mur de l'église... Paix à son âme... et à celle des cobayes... 

Saint Séverin

2 commentaires:

  1. Génial Séverine, j'ai retrouvé sur ton article une statue de saint Séverin qui se trouvait probalement sur le portail nord encore en 1900. Puis-je t'inviter dans mon groupe L'Evangile selon saint Métro sur FB ?
    Philippe Bornet

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  2. Merci Philippe pour cette info.
    J'accepte avec plaisir ton invitation.

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